Dans l’édition de mai de notre publication mensuelle Kaléïs, nous anticipions la fin de la résistance à la baisse des taux longs français et visions une remontée du rendement de l'OAT à 10 ans vers 4,10 %. Cet objectif est aujourd'hui atteint.

Si ce scénario s'est concrétisé, la mécanique sous-jacente s'articule autour de facteurs géopolitiques globaux, mais aussi de vulnérabilités propres à la France.

À court terme : une pression haussière alimentée par l'énergie et le risque souverain

Dans un premier temps, le maintien des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la reprise des cours du pétrole ravivent les craintes d'une inflation importée en zone euro. Cette dynamique pourrait contraindre la Banque Centrale Européenne (BCE) à la prudence sur ses baisses de taux directeurs.

Parallèlement, les incertitudes budgétaires françaises et le niveau élevé du déficit entraînent une hausse de la prime de risque spécifique exigée par les investisseurs (écart OAT/Bund), poussant les taux longs vers le haut et alourdissant la charge de la dette.

À plus long terme : un effet modérateur lié au ralentissement économique

À un horizon plus lointain, la poursuite de ce mouvement pourrait toutefois trouver ses propres limites. Le double choc lié au coût de l'énergie et au durcissement des conditions financières agira comme un frein sur la consommation et l'investissement. Le ralentissement de l'activité économique mondiale tendra à résorber les pressions inflationnistes, ce qui inciterait la BCE à assouplir sa politique monétaire et stabiliserait, à terme, les taux obligataires à long terme.

D'un point de vue chartiste, la vigilance reste de mise : une cassure nette de la borne supérieure du canal ascendant, dans lequel évolue le rendement à 10 ans depuis 2024, validerait une poursuite de la dynamique haussière de plus grande ampleur.180826 oat

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